23/04/2005

1956 : Les premiers autobus modernes

Nous sommes en juillet 1956, la révolution est en route. Quinze nouveaux autobus Büssing 6500T, carrossés par Ragheno, arborant la livrée jaune primerose avec ligne de ceinture bleue, et numérotés 8001 à 8015, sont livrés à Frontispice. Avec leur moteur sous le plancher, leur grande capacité, leur boîte automatique et leur direction assistée, ils sont résolument modernes, et en comparaison l'archaïsme des AB6DS fait presque peine à voir... Directement extraites du projet de 1955, trois lignes sont créées: dans l'ordre, la 49 Midi - Bockstael, la 29 Monnaie - Avenue de Mai et la 36 Monnaie - Avenue des Volontaires. Fait remarquable, ces lignes existent toujours, cinquante ans après leur création; certes, la 36 a beaucoup changé, mais il s'agit toujours à la base de la même desserte, raccourcie côté ville mais rallongée vers faubourgs; par contre, les 29 et 49 sont restées globalement les mêmes, à quelques détails près! Afin de faire face à une extension du réseau qui se promet d'être rapide, deux nouvelles séries de quinze véhicules sont livrées, de type Brossel A96DAR et portant les matricules 8016 à 8030 et 8031 à 8045: très semblables entre elles, elles constitueront aux yeux de tous une série globale de trente exemplaires. A noter un dernier événement important: un 23e trolleybus est construit par la STIB sur base d'un châssis existant: il s'agit du 6023 que tout un chacun peut encore admirer aujourd'hui au musée de Woluwe...

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17/04/2005

1955 : les AB sont morts, vive la STIB!

Nous voici en 1955, année qui représente un tournant décisif dans l'histoire de l'autobus urbain bruxellois. La toute jeune STIB, qui vient de fêter son premier anniversaire, reprend dans son giron l'exploitation autobus: les AB sont dissous. Question matériel, tout est mis définitivement au rebut, à l'exception des quinze AB6DS 91 à 105 représentant la série la plus récente, à défaut d'être moderne: ces bus sont renumérotés 501 à 515 (probablement par analogie avec leurs numéros de permis de circulation 10-501 à 10-515). Dans un premier temps, la STIB continue d'exploiter sans changement les lignes E, F et O, mais la société ne s'arrête pas là: c'est que la STIB croit dans l'avenir de l'autobus, et désire lui octroyer beaucoup plus que le rôle de simple renfort qu'il avait jusqu'alors... Comme il s'agit d'un moyen de transport pas trop cher à l'achat, ne nécessitant pas d'installations fixes et qui emprunte tout simplement la voie publique comme n'importe quel véhicule automobile, pourquoi ne pas l'utiliser pour effectuer des dessertes inédites et pas trop onéreuses dans des quartiers ne disposant pas de lignes de tram? Un grand projet est étudié en interne, soumis au Ministère des Communications et approuvé par celui-ci: un réseau autobus (encore virtuel) est né. Quinze lignes sont envisagées, réparties en onze lignes urbaines, deux suburbaines et deux services partiels: 29, 32, 36, 42, 47, 47, 49, 50, 55, 57, 82, 84, 91, 92 et 92. Certaines dessertes seront concrétisées telles quelles, d'autres moyennant certaines modifications, d'autres enfin resteront lettre morte. Mais pour exploiter toutes ces lignes, il faut du matériel supplémentaire: de ce côté, l'année 1956 sera décisive, elle aussi (plus de détails la semaine prochaine...). Pour terminer, petite anecdote: à défaut de trolleybus supplémentaires (pour le moment), la STIB n'hésite pas à renforcer la ligne 54 à l'aide... d'autobus! Petite remarque en passant, concernant le projet des quinze dessertes par autobus: il figure dans la liste la ligne 47 Midi - Marly, code couleur rouge/bleu, qui reprend intégralement en le prolongeant l'itinéraire du tram 47 Bourse - Marly... Il y a anguille sous roche! Même si ce n'est encore qu'un projet, ceci est la première concrétisation sur papier d'un processus qui va faire des ravages dans les années qui suivent: la bussification de dessertes ferrées... Le tram tout-puissant commence à vaciller sur son socle d'acier!

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11/04/2005

1945 - 1954 : Le dernier sursaut des AB

1945 - La guerre est finie, mais aux malheurs passés s'ajoute un nouveau: alors que les TB se retrouvent, en raison des hostilités, avec du matériel insuffisamment entretenu et dans une situation financière difficile, leurs concessions arrivent à échéance. Il est de ce fait impossible de voir reconduire ces concessions: la gestion des transports en commun bruxellois passe alors dans les mains des TUAB (Transports Urbains de l'Agglomération Bruxelloise), un consortium Etat/Province/privé qui sera chargé d'assurer l'intérim en attendant une solution définitive. Les AB deviennent une société affermée des TUAB. Fin 1945, la ligne E Midi - Loth est remise en service avec les quelques autobus qui ont pu être récupérés après la guerre... 1947 - Alors que pas un seul des vingt AB6DS commandés avant-guerre n'est encore livré, les AB reprennent l'exploitation des lignes F Nord - Churchill et O Nord - Uccle Centre. On reconnaît déjà les futures lignes 50 (E), 37 (F) et 38 barré (O). Aucune autre ligne d'avant-guerre ne sera remise en service... 1948 - La ligne privée Uccle Centre - Vivier d'Oie (futur 43) devient une ligne affermée des AB. 1950 - Les premiers AB6DS sont enfin livrés; cette livraison s'étalera jusqu'en... 1954!!! Au total, faute de moyens et de besoins, quinze AB6DS seulement seront effectivement livrés (série 91 à 105, futurs 501 à 515 STIB), les AB renonçant aux cinq derniers. Chaque livraison d'un AB6DS entraîne le déclassement d'un autobus plus ancien. 1954 - La STIB voit le jour! L'ensemble des trams et des trolleybus deviennent «stibiens», tandis que les AB devront atteindre 1955 avant de passer dans le giron du 15 Toison d'Or... Ce qui sera le cas ici même, dès la fin de cette semaine! ;-)

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03/04/2005

La deuxième guerre mondiale

Alors que le transport sur pneus est en pleine expansion, tant aux AB qu'aux TB (trolleybus), la guerre éclate. Les AB sont totalement réduits à néant: tous leurs véhicules sont frappés de réquisition. Plus de véhicules, donc plus d'exploitation: du jour au lendemain, toutes les lignes de bus sont suspendues, et la majorité d'entre elles disparaissent à jamais. Abandonné par le matériel (réquisitionné) et le personnel (mobilisé ou transféré aux TB), Frontispice tombe aux mains des Allemands. N'y aurait-il donc rien à dire à propos des transports sur pneus durant ces cinq années de conflit? Si! Car un type de véhicule sur pneus n'est pas touché ni par les réquisitions ni par la pénurie de carburant: les trolleybus!!! Mieux, le parc va se développer, atteignant progressivement 22 unités (série globale 6001 à 6022)! C'est ainsi que, tant bien que mal, l'exploitation de la ligne 54 est maintenue pendant toute la durée des hostilités. Tant bien que mal, car toutes sortes de péripéties viennent la perturber. Il y a les bombardements, qui touchent régulièrement Haren, et occasionnellement... les trolleybus eux-mêmes. Il y a aussi les pénuries de charbon, qui entraînent des économies d'électricité, et donc une diminution des fréquences d'exploitation. Idem pour la pénurie du caoutchouc, entraînant l'indisponibilité de pneumatiques neufs. Il y a enfin les effondrements de chaussée, dus aux bombardements et/ou au mauvais entretien: c'est ainsi que Machelen se retrouve sans trolleybus pendant six mois. Enfin, en 1945, après la Victoire, les AB vont renaître, malheureusement sans plus jamais atteindre leur lustre des années trente; mais ceci fera l'objet du prochain épisode...

10:28 Écrit par Transiristor | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |