28/05/2005

1961 - Un quatrième garage autobus

Après la «Grande Faucheuse» 1960, le millésime 1961 est beaucoup plus calme, puisque «à peine» deux lignes de tram sont converties en lignes d'autobus: il s'agit du 5 Gare Schaerbeek - Bourse (bleu/rouge) et du 48 Bourse - Altitude 100 (jaune/rouge). Une troisième série de Brossel A98DARV, carrossée par VanHool, est livrée vers la fin de l'année: ces bus portent les numéros 8281 à 8340. Il s'agira des derniers Brossel à «casquette», dont il y en aura eu 280 exemplaires au total (en comptant les «semi-automatiques» courts et longs). Soixante autobus en 1960, encore soixante en 1961, cela fait 120 autobus supplémentaires à garer! Vous l'aurez compris, il faut encore une fois trouver un garage: cette fois c'est l'annexe du dépôt trams de Molenbeek (rue De Bonne) qui est choisie pour être convertie à l'autobus; ce quatrième garage est baptisé Vandermeeren. Pour plus de détails concernant ce garage, je vous invite à relire les derniers numéros de Tram 2000, où toute l'histoire de ce dépôt est relatée en détail, avec moultes illustrations à l'appui. A la semaine prochaine pour la suite du récit, mais SURTOUT à demain pour le méga-voyage musée du VanHool Daf AU115X 8014! :-)

08:53 Écrit par Transiristor | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

22/05/2005

1960 - La bussification de l'avenue de la Couronne

Les années soixante: une décennie extrêmement prospère, au point qu'on les appela les «golden sixties». Mais elles furent loin d'être «golden» pour le réseau ferré bruxellois! Et ça commence très fort en 1960, puisque pas moins de 8 (!) lignes de tram (soit 15% du réseau environ) vont disparaître! L'année commence par la bussification du 89 Stade - Bourse, bientôt suivie par celle du 46 Bockstael - Veeweyde. D'autre part, le 47 Marly - Bourse absorbe le 19 Bockstael - Midi (qui disparaît donc prématurément) et devient 47 Marly - Midi, ce qui avait été projeté dès 1955 (voir les commentaires du topic consacré à cette année). Autre confirmation du projet de 1955: certains services 38 effectuent le trajet complet Nord - Homborch, ce qui était initialement prévu sous indicatif 92. Enfin, quelques services 64 sont prolongés jusqu'à la place De Paduwa les jours ouvrables. Citons également comme anecdote le fait que le (très) léger prolongement du 47 jusqu'à Van Oss le fait devenir suburbain (le 47 devient rouge)! Mais le fait le plus important de 1960 se passe en fin d'année: il s'agit de la bussification de l'avenue de la Couronne. En trois semaines, un des axes les plus importants, reliant le centre ville à Boitsfort via Etterbeek et Ixelles va être totalement déferré: six lignes de tram disparaissent de la carte, à savoir le 17 Bourse - Cim Ixelles, 34 Bourse - RP Churchill, 94 Evere - Boondael, 96 Pte Namur - Sq Archiducs et 98 Bourse - Boitsfort, sans oublier le célébrissime 33 Sq Rey - Boitsfort qui permettait, selon la chanson du regretté Jacques Brel, d'«aller manger des frites chez Eugène». Ces six lignes de tram sont remplacées par trois dessertes autobus seulement: le 17 Monnaie - Boitsfort, le 33 Sq Rey - Boitsfort (bussifié tel quel) et le 96 Bourse - Sq Archiducs; ce trio est complété par le 85, qui est prolongé de la porte de Namur à la place Cocq. Pour l'anecdote, à cette occasion, le 85 abandonne les arcades étroites de la rue de Namur (à la sortie de la place Royale): il faudra attendre 44 ans avant de revoir une ligne de bus passer sous ces arcades (le citybus 8B). Une nouvelle fois, cette débauche de nouvelles lignes nécessite du matériel supplémentaire: soixante autobus Brossel A98DARV, identiques à ceux livrés en 1959 mais cette fois carrossés par VanHool, viennent former la série 8221 à 8280. Inversément, sept des quinze antiques AB6DS sont déclassés; les huit autres, entretemps garés dans le dépôt trams/trolleybus de la chaussée de Louvain, ne servent plus qu'à des services de dépannage du 54, où les trolleybus commencent à souffrir suite à leur âge vénérable... Voilà pour 1960, qui fut donc un gros morceau, et une pilule amère à avaler pour les amateurs de trams. Sur ce, je vous propose un petit sondage/débat: était-il ou non opportun de bussifier l'avenue de la Couronne, qui était quand même un axe très important et très fréquenté? Quand on voit aujourd'hui la charge du 95/96 (surtout le 95), on peut se permettre d'en douter... Le tram aurait-il aujourd'hui sa place dans l'axe Trois Tilleuls - Keym - Cim Ixelles - Av Couronne? Si oui, quels seraient ses terminus et, surtout, son itinéraire idéal?

10:26 Écrit par Transiristor | Lien permanent | Commentaires (22) |  Facebook |

15/05/2005

Le point avant les années '60

A l'aube des années soixante, qui s'avéreront dramatiques pour le réseau ferré et même fatales pour les trolleybus, il est opportun de faire le point sur ce blog et de rappeler son but premier, d'autant que sa fréquentation a explosé suite à la publicité faite autour des blogs à Dédé, Azariel, Gaston54, Samaritain et t7815, par la Capitale, RTL et Télépro notamment. Actuellement, trois amateurs passionnés de bus préparent la publication d'un ouvrage inédit sur les lignes d'autobus urbaines et (très légèrement) suburbaines de Bruxelles, à l'occasion du centenaire (en 2006) de ce mode de transport dans notre capitale. Ce blog constitue une sorte de «mise en bouche» en proposant de suivre cet historique sous forme de feuilleton: chaque semaine (en général le week-end) est publié le résumé d'une année, de telle sorte que la saga se termine avec la parution du livre, en avril prochain si tout va bien. Mais contrairement à un bouquin, qui est par essence «read only», un blog est interactif! Or, nous constatons que ce blog est visité tout à fait passivement, un peu comme les feuilletons télé: tout le monde vient voir, tout le monde lit, mais personne ne réagit, personne ne fait de commentaires, rien de rien... Pourtant, les résumés publiés sont volontairement vagues, bien sûr pour ne pas tout révéler du bouquin, mais surtout pour susciter des commentaires! Ne venez pas dire que vous connaissez tout des lignes ou du matériel, sinon ça ferait longtemps qu'un bouquin aurait été écrit sur les autobus... Donc n'hésitez pas, réagissez! Chaque année est un sujet à part et peut engendrer soit des demandes de détails (sur l'itinéraire, le dépôt d'attache, l'exploitation, ...) soit même un débat sur l'opportunité ou non de bussifier l'une ou l'autre desserte, soit encore la relation de l'une ou l'autre anecdote, ce dont certains membres du forum Tram 2000 se sont fait une spécialité succulente... Le but n'est pas de nous dire «votre blog est génial», ou encore «on attend votre bouquin avec impatience», non! Le vrai but est de susciter une interactivité entre les rédacteurs et les futurs lecteurs: vous savez ce qu'il vous reste à faire... ;-)

12:35 Écrit par Transiristor | Lien permanent | Commentaires (5) |  Facebook |

1959 : Un troisième garage bus

Nous voici en 1959, qui commence très mal pour les ferrovipathes: suite à des difficultés financières chroniques et aux multiples contraintes imposées tant par l'Etat que par la SNCB, le consortium Electrobel qui exploite le «Bruxelles - Tervuren» décide de ne pas renouveler sa concession lors de son expiration le 31 décembre 1958. La STIB crée dès lors la ligne 30 entre la gare Centrale et Wezembeek-Oppem (terminus à hauteur de la station Oppem du BT), ligne dont quelques services sont prolongés à Tervuren (gare BT) en heures de pointe. Le 30 est exploité en semi-express, la montée étant interdite vers ville à partir du Kapelleveld (terminus 27) et la descente n'étant autorisée vers faubourgs qu'à partir de ce même point. Peu après, le tram 64 Evere - Anderlecht laisse à son tour la place à l'autobus: le trio de l'époque 64/65/66 est désormais exploité entièrement par pneu. Le 86 Bourse - Cim Ganshoren fait pareil un peu plus tard. A la fin de l'année, le tram 85 Bourse - Berchem Station fait de même, mais sa bussification s'accompagne de la fusion avec la ligne autobus 84 Cim Molenbeek - Pte Namur, créée en 1958 (vous vous souvenez?): le 84 disparaît ainsi prématurément, et le nouveau bus 85 relie la gare de Berchem à la Porte de Namur. Entretemps, le 36 est une nouvelle fois prolongé, et atteint désormais le quartier du Chant d'Oiseau (parvis des Franciscains). Suite à l'affluence constatée lors des courses à l'hippodrome de Boitsfort, lors de salons au Heysel ou lors des matches de football au Daring de Molenbeek (qui ne s'appelle pas encore RWDM, ou même Brussels!), certaines lignes de tram peuvent être renforcées à la demande par des autobus: c'est ainsi que les bobines bus présentent les mentions 4, 16, 18, 35 barré et 60 barré. La création des nouvelles dessertes impose une nouvelle fois un achat conséquent de matériel, ce qui se traduira par la livraison de 70 Brossel A98DARV, cette fois carrossés par Jonckheere et formant la série 8151 à 8220: il s'agit là de la toute première série de Brossel «standards», avec boîte automatique et munis de trois boîtes à films (jusque là, il n'y avait pas de film arrière). Comme le parc augmente significativement, le problème du garage des autobus se pose une nouvelle fois: le dépôt trams d'Ixelles devient «mixte» en se partageant entre tramways et autobus, les deux modes circulant sous indice 4xx.

12:09 Écrit par Transiristor | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

08/05/2005

L'Expo 58

L'Expo 58... encore dans toutes les mémoires, du moins dans celles de nos aînés! D'avril à octobre, elle draine les foules sur le plateau du Heysel: les tramways sont envahis, malgré les multiples renforts, de même que les quatre lignes d'autobus créées spécialement pour la circonstance, à savoir la K (Karreveld), une première P (Parking Canal), une deuxième P (Parking Dieleghem) et la Nord-Midi direct Bénélux; les tout nouveaux «Brossel semi-automatiques» (8061 à 8120 et 8121 à 8150) sont particulièrement sollicités. En marge de l'Expo, le réseau bus s'agrandit encore. Le 36 est légèrement prolongé, il atteint désormais le rond-point de l'avenue des Frères Legrain. Le 66 délaisse à son tour le tram et est exploité en bus comme le 65: voilà de quoi réjouir nos amis t7815 et Gaston54, bien que les 65/66 de l'époque soient loin d'être les lignes «siamoises» telles qu'on les connaît aujourd'hui, tout au moins au niveau de l'exploitation. Puis c'est au tour du 27 de céder face aux sirènes de l'autobus. Enfin, l'indicatif 42 fait son apparition sur le réseau, mais sous forme très embryonnaire, puisque la ligne n'effectue à l'époque que la petite desserte entre le dépôt de Woluwe et Joli-Bois, qui fait aujourd'hui partie du 36. Une autre ligne apparaît entre le cimetière de Molenbeek et la porte de Namur: il s'agit du 84, qui n'a strictement rien à voir avec le 84 actuel et qui disparaîtra très rapidement, en 1959... mais ceci fera l'objet du prochain épisode! ;-)

17:53 Écrit par Transiristor | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

01/05/2005

1957 - Les premières bussifications

Après une année 1956 fertile en événements, la STIB passe à la vitesse supérieure en 1957. Les trois lignes héritées des AB (E, F et O) adoptent une signalétique «stibienne» par leur numérotation respective en 50, 37 et 38 barré; les vieux AB6DS sont progressivement repeints en jaune. Côté matériel nouveau, la quatrième série d'essai de quinze véhicules est livrée: il s'agit des très originaux Mack C37 formant la série 8046 à 8060. Avec 75 bus en parc, et vu l'explosion que celui-ci va subir, Frontispice devient trop exigu. Il faut trouver de la place ailleurs, et c'est le dépôt trams de la rue Brogniez qui en fait les frais: il est transformé en garage pour autobus, et accueille les Mack. Les bussifications se précisent... c'est le 47 (on s'en doutait) qui ouvre le bal. Puis c'est au tour du tram 90 d'être restructuré, la section abandonnée de son parcours (Bockstael - Midi) étant reprise par un bus 19: on peut donc parler d'une bussification partielle... Autre bussification, qui va faire plaisir à plusieurs lecteurs: le 65 passe «à l'ennemi», comme diraient les amateurs de trams, qui commencent à sortir leur mouchoir, sans se douter encore qu'ils vont vivre un véritable calvaire dans les années qui suivent... En prévision de l'Expo 58, les premiers autobus «standards» sont commandés: il s'agit de 60 Brossel A98DARC courts (série 8061 à 8120) et de 30 A99DAR longs (série 8121 à 8150), à boîte de vitesses semi-automatique (sélecteur au volant, et sans embrayage). Enfin, on ne peut terminer l'année 1957 sans évoquer la construction par la STIB dans l'atelier de Cureghem d'un vingt-quatrième et dernier trolleybus (le 6024), sur base d'un châssis existant.

12:40 Écrit par Transiristor | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |