18/06/2005

1964 - La fin des trolleybus

L'année 1964 serait sans doute banale à raconter s'il n'y avait un événement de taille: l'abandon du trolleybus. Pour la première fois à Bruxelles, et ce fait est d'ailleurs inédit, un mode de transport est totalement abandonné. Voilà donc le trolleybus 54 «bussifié», au grand dam d'un lecteur assidu de ce blog, par ailleurs co-auteur de l'ouvrage à venir... Simultanément, le dépôt tram/trolleybus de la Chaussée de Louvain devient tram/bus, à l'instar d'Ixelles. Quelques mois plus tard, c'est au tour du tram 20 de jeter l'éponge, son exploitation étant partiellement reprise par autobus. Nous voici donc avec un parc autobus en hausse constante, puisque l'effectif dépasse les 400 unités et est réparti en cinq garages, du jamais vu! Et malgré cela, l'exploitant a de la peine à suivre la demande: c'est que Van Hool accuse des retards dans la livraison des Fiat 2... Ces retards étant convertis en pénalités, la firme lierroise trouvera un arrangement à l'amiable en livrant quatre 420HA-ST2 supplémentaires: il y aura donc cinquante-quatre Fiat 2 (8367 à 8420) au lieu de cinquante! Toutefois, ces quatre Fiat 2 supplémentaires (8417 à 8420) ne seront livrés qu'en 1965, après que Van Hool aura honoré une commande de trente 420HA-ST2 pour le compte de la MIVA à Anvers...

17:28 Écrit par Transiristor | Lien permanent | Commentaires (5) |  Facebook |

Commentaires

une année rude ... et un monument qui s'effondre, avec la disparition du trolleybus. Un mode de transport bien sympathique disparaissait du paysage bruxellois :(

Écrit par : Mapeicyclist | 18/06/2005

Trolleybus : d'accord, mais enfin ... Les trolleybus du 54, je les ai pratiqués assez fréquemment durant plusieurs années, entre 1954 et 1964 ; j'étais aussi, avec mon père et mon frère, sur le dernier "régulier" en février 1964. Un film frontal de trolleybus a constitué le début de ma collection. Mais restons pieds sur terre : le maintien de l'exploitation du 54 en trolleybus n'aurait été possible qu'à condition d'acquérir du matériel moderne, genre T54 des TULE (Liège) ; feu Robert Hanocq, Directeur MRTM en fin de carrière, me dit un jour qu'il y eut l'idée, chez certains, d'en essayer un à Bruxelles, mais l'idée fut repoussée à l'initiative d'un jeune ingénieur viscéralement opposé à ce mode de traction. Les 6001 à 6024 n'offraient guère de confort : aux heures de pointe, ils circulaient "complet", et la reptation dans le couloir central était tout sauf aisée, vu son étroitesse ; idem pour les sièges : n'oublions pas le gabarit réduit de l'époque, à 2.35 m si je ne me trompe. Voir le 6023 du Musée. Appuyés en fin de carrière par les AB6DS - d'une conception d'avant-guerre et d'un confort marginal - libérés par la modernisation des 37, 38b et 50, les trolleybus de la STIB disparurent sans grands regrets de la part des voyageurs lors de l'arrivée des Brossel. Qui pour l'exploitant permirent l'économie du receveur et de l'entretien des lignes de contact, soit près de 70 kms de fil simple ; une ligne aérienne qui reçut pourtant un début de modernisation fin des années '50, y compris en dehors des tronçons communs au tram, par montage de suspensions élastiques de Kummler & Matter. Ce fut le cas Rue de la Paix ainsi que dans la liaison construite vers 1958 par, entr'autres, les Rues Anoul et Major René Dubreucq Deux anecdotes : la Rue Moris étant bloquée, je vis un jour un trolleybus se dévier par la ligne SNCV de la Chaussée de Waterloo, en utilisant le traînard ; une autre fois, Avenue de la Brabançonne, un trolleybus ayant eu une collision fut dépassé simplement en plaçant les perches sur la voie opposée. Dommage que la Belgique et son "constructeur national" produise d'excellents trolleybus qui circulent ailleurs que chez nous, et que sur les lignes STIB qui justifieraient très largement ce mode de traction.

Écrit par : Michel SMET | 11/11/2006

Souvenirs, souvenirs......... Cher Luc (eh oui, on se connait.....et de plus j'ai aussi fort bien connu et ta maman...et ton papa, et plus précisément, coté rue Royale.......!)
Souvenirs, souvenirs que ces informations sur le trolleybus 54 que je viens de découvrir avec une larmichette de nostalgie. Car en effet, lorsque durant la guerre (non, pas celle de 14-18, mais la suivante...) or donc, durant la guerre disais-je, ma grand-mère, pour nous distraire un peu, nous emmenait mon petit cousin et moi durant tout un après-midi de Forest à Machelen via ce fameux trolleybus. Et quel formidable 'voyage' n'était-ce pas là pour nous : pratiquement pas de circulation automobile, tanguage constant (qu'au grand dam de notre grand-mère nous avions plaisir a accentuer ) et ce, dû au slalom continuel causé par le bus principalement dans les rues étroites d'Ixelles, et le tout (mis à part nos cris de joie) dans un quasi silence total grâce à la propulsion électrique de ce type de véhicule. Arrivés à Machelen, nous jouions tout autour de l'église, puis nous allions "manger nos tartines" dans un proche établissement. Fabuleuse après-midi s'il en était......et pour cause, puisque il n'y avait pas beaucoup d'autres opportunités durant cette sombre période. Aujourd'hui, il ne m'arrive encore que rarement, de passer devant l'ex-terminus du '54' à la place St-Denis à Forest mais, à chaque fois, je ne peux m'empêcher de jeter un regard attendri sur la vieille fontaine au pied de laquelle nous jouions en attendant notre 'carrosse'

Souvenirs, souvenirs.... te disais-je, et ce, grâce à toi. Merci Luc et amitiés ainsi qu'à tes parents.
René MICHIELS.

Écrit par : René MICHIELS | 27/05/2007

Cher René... ... cela me fait grand plaisir de te voir sur ce blog! Une présence qui fait sans doute suite à l'article paru dans notre Soir bien aimé ou dans notre alliée la Capitale?

Eh oui, nous avons choisi d'associer le trolleybus à notre livre traitant des autobus, tout simplement parce que nous considérons le trolley plus comme un autobus électrique à perches que comme un tramway sur pneus. Et au passage nous remettons au premier plan un mode de transport pratiquement oublié en Belgique (sauf à Gand), alors que le savoir-faire existe toujours chez nous, par exemple chez Van Hool en partenariat avec l'équimentier Kiepe.

Je n'ai hélas pas connu le trolley et je le regrette. Je l'ai juste vu circuler exceptionnellement un jour de 1989 rue Royale (eh oui), avec le traînard dans le rail et une perche au fil... soit une configuration bien peu confortable pour le receveur du jour, obligé de continuellement repositionner ce traînard qui sautait à qui mieux mieux hors de la gorge du rail.

En outre, combien de personnes plus que modérément intéressées par le bus n'ont-elles pas sauté de joie en apprenant que nous parlerions également de leur cher trolley? C'est dire si celui-ci aura marqué les esprits, ce qui est visiblement ton cas.

Après tout, notre passion pour les autobus (anciens) est elle aussi due à ces souvenirs d'une enfance joyeuse et insouciante: en pouvant encore aujourd'hui circuler à bord de véhicules anciens préservés, nous retrouvons nos sensations de l'époque: le bruit des moteurs, les odeurs d'huile et de gasoil à bord, le toucher des banquettes de cuir et de leurs rapiècements, ... Que du bonheur.

A bientôt René, et je te souhaite bien du plaisir à la lecture de ce blog et, pourquoi pas, à celle du livre qui paraît le mois prochain?

Écrit par : Transiristor | 29/05/2007

bonsoir, je recherche les personnes et leurs photos qui ont fait le dernier voyage d'un autobus, ligne n° 10 chatelineau namur, en passant par Floreffe, avant que celui ci ne soit déclassé.
Cela c'est passé il y a plus ou moins une semaine.

Écrit par : sebille | 31/08/2007

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