17/04/2005

1955 : les AB sont morts, vive la STIB!

Nous voici en 1955, année qui représente un tournant décisif dans l'histoire de l'autobus urbain bruxellois. La toute jeune STIB, qui vient de fêter son premier anniversaire, reprend dans son giron l'exploitation autobus: les AB sont dissous. Question matériel, tout est mis définitivement au rebut, à l'exception des quinze AB6DS 91 à 105 représentant la série la plus récente, à défaut d'être moderne: ces bus sont renumérotés 501 à 515 (probablement par analogie avec leurs numéros de permis de circulation 10-501 à 10-515). Dans un premier temps, la STIB continue d'exploiter sans changement les lignes E, F et O, mais la société ne s'arrête pas là: c'est que la STIB croit dans l'avenir de l'autobus, et désire lui octroyer beaucoup plus que le rôle de simple renfort qu'il avait jusqu'alors... Comme il s'agit d'un moyen de transport pas trop cher à l'achat, ne nécessitant pas d'installations fixes et qui emprunte tout simplement la voie publique comme n'importe quel véhicule automobile, pourquoi ne pas l'utiliser pour effectuer des dessertes inédites et pas trop onéreuses dans des quartiers ne disposant pas de lignes de tram? Un grand projet est étudié en interne, soumis au Ministère des Communications et approuvé par celui-ci: un réseau autobus (encore virtuel) est né. Quinze lignes sont envisagées, réparties en onze lignes urbaines, deux suburbaines et deux services partiels: 29, 32, 36, 42, 47, 47, 49, 50, 55, 57, 82, 84, 91, 92 et 92. Certaines dessertes seront concrétisées telles quelles, d'autres moyennant certaines modifications, d'autres enfin resteront lettre morte. Mais pour exploiter toutes ces lignes, il faut du matériel supplémentaire: de ce côté, l'année 1956 sera décisive, elle aussi (plus de détails la semaine prochaine...). Pour terminer, petite anecdote: à défaut de trolleybus supplémentaires (pour le moment), la STIB n'hésite pas à renforcer la ligne 54 à l'aide... d'autobus! Petite remarque en passant, concernant le projet des quinze dessertes par autobus: il figure dans la liste la ligne 47 Midi - Marly, code couleur rouge/bleu, qui reprend intégralement en le prolongeant l'itinéraire du tram 47 Bourse - Marly... Il y a anguille sous roche! Même si ce n'est encore qu'un projet, ceci est la première concrétisation sur papier d'un processus qui va faire des ravages dans les années qui suivent: la bussification de dessertes ferrées... Le tram tout-puissant commence à vaciller sur son socle d'acier!

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11/04/2005

1945 - 1954 : Le dernier sursaut des AB

1945 - La guerre est finie, mais aux malheurs passés s'ajoute un nouveau: alors que les TB se retrouvent, en raison des hostilités, avec du matériel insuffisamment entretenu et dans une situation financière difficile, leurs concessions arrivent à échéance. Il est de ce fait impossible de voir reconduire ces concessions: la gestion des transports en commun bruxellois passe alors dans les mains des TUAB (Transports Urbains de l'Agglomération Bruxelloise), un consortium Etat/Province/privé qui sera chargé d'assurer l'intérim en attendant une solution définitive. Les AB deviennent une société affermée des TUAB. Fin 1945, la ligne E Midi - Loth est remise en service avec les quelques autobus qui ont pu être récupérés après la guerre... 1947 - Alors que pas un seul des vingt AB6DS commandés avant-guerre n'est encore livré, les AB reprennent l'exploitation des lignes F Nord - Churchill et O Nord - Uccle Centre. On reconnaît déjà les futures lignes 50 (E), 37 (F) et 38 barré (O). Aucune autre ligne d'avant-guerre ne sera remise en service... 1948 - La ligne privée Uccle Centre - Vivier d'Oie (futur 43) devient une ligne affermée des AB. 1950 - Les premiers AB6DS sont enfin livrés; cette livraison s'étalera jusqu'en... 1954!!! Au total, faute de moyens et de besoins, quinze AB6DS seulement seront effectivement livrés (série 91 à 105, futurs 501 à 515 STIB), les AB renonçant aux cinq derniers. Chaque livraison d'un AB6DS entraîne le déclassement d'un autobus plus ancien. 1954 - La STIB voit le jour! L'ensemble des trams et des trolleybus deviennent «stibiens», tandis que les AB devront atteindre 1955 avant de passer dans le giron du 15 Toison d'Or... Ce qui sera le cas ici même, dès la fin de cette semaine! ;-)

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03/04/2005

La deuxième guerre mondiale

Alors que le transport sur pneus est en pleine expansion, tant aux AB qu'aux TB (trolleybus), la guerre éclate. Les AB sont totalement réduits à néant: tous leurs véhicules sont frappés de réquisition. Plus de véhicules, donc plus d'exploitation: du jour au lendemain, toutes les lignes de bus sont suspendues, et la majorité d'entre elles disparaissent à jamais. Abandonné par le matériel (réquisitionné) et le personnel (mobilisé ou transféré aux TB), Frontispice tombe aux mains des Allemands. N'y aurait-il donc rien à dire à propos des transports sur pneus durant ces cinq années de conflit? Si! Car un type de véhicule sur pneus n'est pas touché ni par les réquisitions ni par la pénurie de carburant: les trolleybus!!! Mieux, le parc va se développer, atteignant progressivement 22 unités (série globale 6001 à 6022)! C'est ainsi que, tant bien que mal, l'exploitation de la ligne 54 est maintenue pendant toute la durée des hostilités. Tant bien que mal, car toutes sortes de péripéties viennent la perturber. Il y a les bombardements, qui touchent régulièrement Haren, et occasionnellement... les trolleybus eux-mêmes. Il y a aussi les pénuries de charbon, qui entraînent des économies d'électricité, et donc une diminution des fréquences d'exploitation. Idem pour la pénurie du caoutchouc, entraînant l'indisponibilité de pneumatiques neufs. Il y a enfin les effondrements de chaussée, dus aux bombardements et/ou au mauvais entretien: c'est ainsi que Machelen se retrouve sans trolleybus pendant six mois. Enfin, en 1945, après la Victoire, les AB vont renaître, malheureusement sans plus jamais atteindre leur lustre des années trente; mais ceci fera l'objet du prochain épisode...

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28/03/2005

L'apogée des AB

Après l'euphorie de l'Expo, 1936 est plutôt une année «sans». Le réseau est expurgé de ses dessertes peu fréquentées: c'en est déjà fini de la ligne P Midi - Droogenbosch, ainsi que de la ligne N Rue Père De Deken - Parvis Notre Dame de Laeken. Une autre ligne P fait son apparition entre la place Fontainas et le centre de Vilvorde: son originalité est d'être exploitée en express (une première!) puisqu'elle ne dessert que 7 arrêts! Mais elle ne donne pas satisfaction et est supprimée à la fin de sa période d'essai de six mois... C'est du côté matériel que les choses sont plus intéressantes: trois Brossel A40D, les premiers à être équipés d'origine d'un moteur Diesel, viennent renforcer le parc (série 69 à 71), tandis que vingt moteurs Brossel dits «à l'huile lourde» sont commandés pour être placés sous le capot des bus plus anciens. Pour la première fois aussi, les AB déclassent du matériel: dix Renault MU (série 1 à 22) sont retirés du service. 1937 est tout aussi morne: il n'y a strictement rien à dire, à part que le renfort J Place Liedts - Place Van Meenen est supprimé, et qu'une nouvelle ligne L relie la Bourse à l'avenue Longchamp (Churchill n'est pas encore célèbre...). L'actualité reprend en 1938. Une nouvelle ligne J relie le Midi à Calevoet, tandis que certains services F sont prolongés à la rue Langeveld sous indicatif O barré; la ligne ex-AB devenue privée Vivier d'Oie - Calevoet est prolongée à la place Danco, soit la configuration exacte du futur 43... Le matériel n'est pas en reste: tous les véhicules roulent désormais au gazole, à l'exception des Renault MU et MUL; neuf nouveaux Brossel AB6D (série 72 à 80) sont livrés. 1939 est vraiment l'apogée des AB, et du transport sur pneus en général. Dix autres Brossel AB6D (série 81 à 90) sont livrés, et les AB passent commande de vingt (!) autobus de type... AB6DS, future série 91 à 110, dont les 94 et 105 ne seront ni plus ni moins que... les 504 et 515 du Musée aujourd'hui! Côté réseau, la ligne K relie désormais la Bourse au Tomberg. Mais l'événement de taille de 1939 se passe aux TB, puisque pour la première fois à Bruxelles circule un trolleybus! En effet, une nouvelle ligne exploitée par des «autobus électriques à perches» voit le jour, tout d'abord entre Forest et la place du Luxembourg, et ensuite entre Forest et Machelen, sous le célébrissime indicatif 54, très cher à certains amateurs!

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20/03/2005

En route vers l'Exposition de 1935 !

Durant la première moitié des années trente, les AB connaissent une expansion continue, tant au niveau du réseau que du matériel roulant. Mais comme dans toute jeune société, les tâtonnements du début sont importants: nombre de lignes sont créées, pour être supprimées par après faute de succès, avant d'être remises en service mais sous une forme différente. 1931 - Trois nouvelles lignes sont créées: la très courte Gare de Schaerbeek - Place Meiser (indicatif J), une desserte Gare du Nord - Gare du Luxembourg (indicatif F, l'ancêtre du 37), et une autre Gare du Midi - Gare du Luxembourg (indicatif H). Signalons aussi que pendant le Salon de l'Auto, une ligne K a circulé entre la Bourse et le Parc du Cinquantenaire (le Heysel n'existe pas encore!), afin de renforcer l'axe ferré de la rue de la Loi. Par contre, la ligne privée Globe - Calevoet disparaît. 1932 - Une nouvelle ligne I relie la gare de Schaerbeek à Ganshoren, en absorbant la ligne J de 1931 qui disparaît simultanément. Les lignes F et H subissent plusieurs modifications d'itinéraire, mais les terminus demeurent inchangés. Les premiers autobus Brossel font leur apparition: quatre BCS AU6S sont commandés (série 45 à 48). 1933 - C'est l'année de tous les bouleversements, et on assiste à la valse des lettres. Après la ligne J en 1932, la ligne I disparaît à son tour, mais deux nouvelles lignes réutilisent ces indicatifs: Gare de Schaerbeek - Bourse (indicatif I) et Uccle Calevoet - Saint Job (indicatif J), qui donnera naissance au 43 actuel. La barre oblique des services partiels fait son apparition sur les autobus: le I barré vient renforcer le I entre la place Meiser et la Bourse. Une nouvelle ligne G est créée entre la gare du Nord et la Chasse, tandis que la ligne H est prolongée de la gare du Luxembourg à la place Dailly. Le renfort de l'axe ferré de la rue de la Loi refait son apparition sous indicatif K: il circule entre la Bourse et le rond-point Saint Michel, c'est-à-dire l'actuel rond-point Montgomery. Au niveau du matériel, une révolution est en cours. Les premiers essais de moteurs Diesel ont lieu: les huit Renault TN6 reçoivent sous le capot un tout nouveau moteur Brossel «fonctionnant à l'huile lourde», comme on disait à cette époque-là... Les AB commandent également deux Minerva AB4R (futurs 49 et 50) et onze Brossel BCS AU6S (série 51 à 61), mais avec moteur... à essence. 1934 - Le réseau s'étend toujours. Deux nouvelles lignes apparaissent: Cité Jardin de Jette - Porte d'Anvers (indicatif L) et Place Fontainas - Stade du Centenaire (indicatif M). La concession de la ligne J Uccle Calevoet - Saint Job est retirée aux AB pour être cédée au privé; peu après, elle est prolongée de Saint Job au Vivier d'Oie. De leur côté, les AB prolongent la ligne E de Ruysbroeck à Loth, et la ligne L de la porte d'Anvers à la gare du Midi. Côté matériel, deux Minerva 2M550 (série 62 à 63) viennent renforcer le parc. 1935 - L'année de l'Expo est également positive pour les autobus. Trois lignes sont prolongées: la ligne G l'est de la Chasse à la rue Père De Deken (du côté de Thieffry), la K atteint le square Joséphine-Charlotte depuis le rond-point Saint Michel, et la M est prolongée de la place Fontainas à la gare du Midi. Trois nouvelles lignes apparaissent: Place Liedts - Place Van Meenen (indicatif J, soit la troisième ligne J en quatre ans!), Rue Père De Deken - Parvis Notre Dame de Laeken (indicatif N) et Gare du Nord - Uccle Centre (indicatif O, l'ancêtre du 38), qui viennent respectivement renforcer en les prolongeant les lignes A, G et F. Une nouvelle desserte Gare du Midi - Droogenbosch (indicatif P) est créée à l'essai, tandis que la Société des Autobus Urbains exploite sous indicatif BM une ligne entre la Bourse et la place Meiser. Le matériel roulant s'étoffe encore: cinq Brossel AB6 viennent former la série 64 à 68. Ce seront les derniers bus équipés d'origine d'un moteur à essence...

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13/03/2005

A l'aube des années trente

1926 - Suite à l'abandon du bus par la Société Bruxelloise d'Auto Transports, ce sont les Autobus Bruxellois (AB en abrégé) qui rachètent le garage Frontispice et ses vingt-deux autobus Renault MU pour exploiter les deux lignes Nord-Midi et Monnaie-bd Militaire. Les Renault MU sont peints en livrée primerose + bleu de minuit (comme le 515 du Musée) et numérotés 1 à 22. C'est aussi cette année-là que l'on retrouve la première trace d'une ligne Globe-Verrewinkel, exploitée par un privé et qui deviendra bien plus tard la ligne 43! 1927 - La ligne privée Globe-Verrewinkel devient Globe-Calevoet (via Homborch). 1928 - Les AB créent une troisième ligne Monnaie-pl Blyckaerts, qui est grosso modo un partiel du Monnaie-bd Militaire. Pour l'exploiter, ils acquièrent huit Renault MUL (série 23 à 30). 1929 - Neuf autobus supplémentaires sont commandés: un Minerva HTM (31) et huit Renault TN6 (série 32 à 39). A noter que le MTUB a comme ambitieux projet de reconstruire à partir d'un TN6 parisien "son" TN6 numéro 32 (l'exemplaire d'origine a malheureusement disparu), et que ce beau véhicule est actuellement exposé à l'état de châssis au musée de Woluwe: avis aux amateurs, le musée rouvre le 26 mars! 1930 - C'est une année importante. Les AB créent tout d'abord une nouvelle ligne Midi-Ruysbroeck, qui est l'ancêtre de l'actuel 50. La ligne Monnaie-bd Militaire devient Monnaie-Cim Ixelles, et une nouvelle ligne Bourse-Cim Ixelles est créée. Cinq lignes, cela commence à être difficile de s'y retrouver: c'est pourquoi les AB leur donnent un indicatif; contrairement aux TB qui travaillent avec des numéros de ligne, les AB utilisent une lettre, en suivant l'ordre alphabétique. A = Nord-Midi, B = Monnaie - Cim Ixelles, C = Monnaie-pl Blyckaerts, D = Bourse-Cim Ixelles et E = Midi-Ruysbroeck. Côté matériel, cinq Minerva HTM (série 40 à 44) viennent renforcer le parc.

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06/03/2005

1919 - 1926 : Le début d'une belle histoire

1919 - La guerre terminée, Polydore Vanderschueren, qui apparemment avait de la suite dans les idées, ne met pas longtemps pour remettre en exploitation sa ligne Nord-Midi: avec des omnibus de pavé bien sûr, mais aussi avec des autobus. 1920 - Plusieurs autobus De Dion Bouton circulent sur le Nord-Midi, et remplacent petit à petit les omnibus à chevaux. Mais où donc est remisé ce matériel? Dans un dépôt situé au numéro 83 de la rue du Frontispice! Voici donc la première trace connue de ce garage qui restera gravé dans la mémoire de tout amateur de TC! Ironie du sort, ce texte est publié au moment même où ce symbole bruxellois vient de disparaître sous les pelles et les pioches, pour notre grand malheur à tous... 1922 - La société du Tram Car Nord-Midi change de nom et devient la Société Anonyme Bruxelloise d'Auto Transport; entretemps la ligne Nord-Midi a été généralisée en autobus, il n'y a plus aucun omnibus de pavé qui y circule. 1925 - La société reçoit la concession d'une 2e ligne d'autobus entre la Monnaie et le boulevard Militaire. Vingt-deux nouveaux autobus de type Renault MU exploitent le Nord-Midi et le Monnaie-bd Militaire en remplacement des De Dion Bouton. De leur côté, les Tramways Bruxellois mettent plutôt la charrue avant les boeufs: ils créent une filiale du nom des Autobus Bruxellois, une société de transport sur papier, qui n'exploite aucune ligne et ne possède pas de matériel roulant! 1926 - Coup de théâtre: la Société Bruxelloise d'Auto Transport souhaite arrêter l'exploitation d'autobus et se consacrer à sa nouvelle activité, à savoir les taxis. C'est ainsi que les Autobus Bruxellois héritent de la concession des deux lignes Nord-Midi et Monnaie-bd Militaire, des vingt-deux autobus Renault MU ainsi que du garage de la rue du Frontispice qui devient également le siège administratif de la compagnie! Voici donc tous les jalons plantés: la société des Autobus Bruxellois va très rapidement s'étendre, tant du point du vue du réseau que de celui du matériel roulant... La suite au prochain épisode!

12:44 Écrit par Transiristor | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |